Lac Aguelmam Sidi Ali
10 lacs incroyables à explorer absolument au Maroc
Le Maroc cache dans ses montagnes et vallées des joyaux aquatiques méconnus. Des eaux émeraude de l’Atlas aux miroirs désertiques du Sud, ces lacs offrent une pause nature loin des circuits touristiques classiques. Chacun possède son caractère propre, façonné par l’altitude, le climat et les légendes locales qui l’entourent.
SOMMAIRE
Lac Bin el Ouidane (Beni Mellal)
Ce géant de 4 000 hectares trône au cœur de l’Atlas, à environ 180 kilomètres de Marrakech. Créé dans les années 1950 par la construction d’un barrage hydroélectrique, il s’est parfaitement fondu dans le paysage montagneux au point qu’on le croirait naturel.

Les eaux bleu profond du lac contrastent avec les falaises ocres qui plongent à pic dans ses profondeurs. Les rives bordent le parc national et accueillent amateurs de pêche à la truite et au brochet, passionnés de kayak, jet-ski et détente au bord de l’eau. Plusieurs petites plages se cachent le long des berges, accessibles en bateau.
Le village de Bin el Ouidane offre quelques options d’hébergement, des gîtes familiaux aux petits hôtels avec vue sur le lac. Les couchers de soleil y sont spectaculaires, teintant les montagnes environnantes de rose et d’orange. L’endroit séduit aussi les pêcheurs qui viennent taquiner le sandre dans les eaux calmes du matin.
Lac Aguelmam Azegza (Khenifra)
On le surnomme « lac vert » pour sa couleur émeraude unique, résultat de la dissolution du calcaire dans ses eaux. Perché à 1 474 mètres d’altitude, ce lac karstique naturel de 62 hectares se niche dans une forêt dense de cèdres du parc national de Khenifra. Son origine géologique particulière en fait un site d’étude prisé des scientifiques.

Son eau cristalline reflète les arbres centenaires qui l’entourent, créant des jeux de lumière fascinants selon les heures de la journée. Le lac abrite une faune aquatique variée et ses berges accueillent sangliers, renards et même quelques singes magots venus s’abreuver.
L’accès se fait par une piste forestière praticable en voiture. Sur place, des aires de pique-nique aménagées permettent de profiter du cadre exceptionnel. Les locaux viennent volontiers le week-end pour des barbecues familiaux. En hiver, le lac peut geler partiellement, offrant un spectacle féerique avec la neige qui recouvre les cèdres alentour.
Lac Tiguelmamine (Khenifra)
À 1 630 mètres d’altitude, cet étang naturel classé patrimoine national en 2014 offre une nature totalement préservée. Moins fréquenté que ses voisins, il reste un secret jalousement gardé par les habitants de la région. Le lac occupe une dépression naturelle au milieu d’une vaste étendue forestière.

Les randonneurs apprécient la tranquillité absolue du lieu et l’air pur de la montagne. Ici, pas de constructions ni d’aménagements touristiques, juste la nature à l’état brut. Le silence n’est brisé que par le chant des oiseaux et le bruissement du vent dans les branches.
C’est un spot parfait pour observer la faune locale : rapaces qui planent au-dessus des eaux, cerfs qui viennent boire à la tombée du jour, grenouilles qui coassent dès les premiers rayons du soleil. Les photographes naturalistes y trouvent leur bonheur, surtout au printemps quand les fleurs sauvages tapissent les berges. L’accès nécessite une petite marche depuis la route principale, ce qui contribue à préserver son authenticité.
Lac Tislit et Isli (Imilchil)
Ces lacs jumeaux, séparés de quelques kilomètres seulement, portent une légende berbère d’amour impossible qui fait encore vibrer les cœurs. Selon la tradition, Tislit (la fiancée) et Isli (le marié) étaient deux jeunes gens de tribus rivales. Interdits d’amour, ils pleurèrent tant que leurs larmes formèrent ces deux lacs.

Perchés à plus de 2 200 mètres d’altitude dans le Haut Atlas oriental, ils sont entourés de montagnes arides qui prennent des teintes rouge-orangé au coucher du soleil. Le lac Tislit, légèrement plus grand, s’étend sur environ 8 hectares, tandis qu’Isli en couvre 5. Leurs eaux d’un bleu intense contrastent avec l’ocre du paysage minéral.
Chaque septembre, la région accueille le célèbre moussem d’Imilchil, festival berbère où se célèbrent des mariages collectifs. Des milliers de visiteurs convergent vers ces lacs pour participer aux festivités qui durent trois jours. Le reste de l’année, les lacs retrouvent leur solitude, fréquentés seulement par quelques bergers nomades et randonneurs aventureux. L’accès en 4×4 est recommandé, les pistes étant souvent difficiles.
Lac d’Ifni (région de Marrakech)
Plus grand lac de montagne naturel du pays, il culmine à 2 295 mètres dans le massif du Toubkal. Ses eaux turquoise d’une clarté extraordinaire récompensent les randonneurs après plusieurs heures d’ascension depuis le village d’Imlil. Le lac s’étend sur environ 9 hectares, niché dans un cirque rocheux impressionnant.

Souvent combiné avec le trek vers le sommet du Toubkal (4 167 mètres), le plus haut d’Afrique du Nord, il offre une baignade rafraîchissante en été pour les courageux qui affrontent la température glaciale de l’eau. Même en plein été, l’eau dépasse rarement 15°C. La vue depuis les berges embrasse un panorama à 360 degrés sur les sommets enneigés, même en été.
Le bivouac est autorisé autour du lac, permettant d’admirer un ciel étoilé d’une pureté exceptionnelle, loin de toute pollution lumineuse. Au lever du soleil, les premiers rayons illuminent les parois rocheuses qui se reflètent dans le miroir du lac. Le trek depuis Imlil prend environ 5 à 6 heures de marche, avec un dénivelé positif de 1 300 mètres. Un guide de montagne est fortement recommandé, surtout si vous n’êtes pas habitué à l’altitude.
Lac Afennourir (Ifrane)
Situé à 1 800 mètres d’altitude dans une majestueuse cédraie classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce lac naturel s’étend sur environ 38 hectares. Il constitue la plus grande zone humide du Moyen Atlas et joue un rôle écologique crucial pour la région.

Ce lac attire particulièrement les ornithologues venus observer les nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs qui y font escale : canards, hérons cendrés, foulques macroules, grèbes castagneux et parfois même des flamants roses égarés. Plus de 80 espèces d’oiseaux ont été recensées autour du lac au fil des saisons.
La forêt de cèdres qui entoure le lac abrite la célèbre population de singes magots, espèce endémique d’Afrique du Nord et seul primate sauvage d’Europe (Gibraltar). Des sentiers balisés permettent de faire le tour du lac en une à deux heures de marche tranquille. Le printemps transforme les berges en tapis de fleurs sauvages multicolores.
À proximité se trouve la ville d’Ifrane, surnommée « la Suisse marocaine » pour son architecture alpine et ses hivers neigeux. Le lac gèle partiellement en hiver, créant des paysages dignes de cartes postales. C’est un site clé pour l’écotourisme dans le Moyen Atlas, avec plusieurs initiatives de protection de la biodiversité.
Lac Lalla Takerkoust (région de Marrakech)
À une trentaine de kilomètres au sud de Marrakech, ce lac artificiel de 720 hectares créé en 1935 approvisionne la ville ocre en eau potable. Malgré son origine humaine, le site a développé son propre écosystème et son charme particulier.

Son cadre exceptionnel mêle les dunes ocres des premiers contreforts de l’Atlas et les montagnes enneigées en arrière-plan. Les eaux calmes du lac reflètent ce paysage contrasté, créant des tableaux changeants selon la lumière. Plusieurs petits villages berbères parsèment les rives, leurs maisons en pisé se fondant dans le paysage.
Prisé des Marrakchis pour les pique-niques et escapades du week-end, le lac propose diverses activités nautiques : paddle, kayak, bateau à moteur. Plusieurs restaurants avec terrasses panoramiques permettent de déjeuner face au lac. Certains établissements proposent même des hébergements pour prolonger l’expérience.
Le lac attire aussi les kitesurfeurs, le vent qui descend des montagnes créant des conditions idéales certains jours. Les abords du lac voient fleurir des projets d’éco-lodges et de maisons d’hôtes, faisant de Lalla Takerkoust une destination prisée pour un dépaysement rapide depuis Marrakech. Le coucher de soleil sur le lac, avec l’Atlas en toile de fond, reste un moment magique très apprécié des photographes.
Lac Aguelmam Sidi Ali (Moyen Atlas)
Ce lac volcanique enchanteur de 500 hectares repose dans un cratère au pied du Jbel Sidi Ali, à 2 080 mètres d’altitude. Son origine volcanique lui confère une profondeur impressionnante (jusqu’à 40 mètres) et des eaux d’un bleu profond hypnotisant. C’est le lac naturel le plus vaste du Maroc.

Ses eaux abritent une biodiversité riche et unique, notamment des espèces endémiques de poissons adaptées aux conditions particulières du lac. Les scientifiques s’intéressent de près à cet écosystème isolé qui a évolué de manière spécifique. Des oiseaux aquatiques nombreux peuplent les roseaux des berges : hérons, canards, poules d’eau.
Le site offre des panoramas spectaculaires à 360 degrés sur les sommets du Moyen Atlas. Par temps clair, la vue s’étend sur des dizaines de kilomètres. Les berges herbeuses accueillent les troupeaux de moutons des bergers nomades qui installent leurs tentes noires traditionnelles pendant l’été.
La route qui mène au lac traverse des paysages grandioses de plateaux désertiques et de montagnes. En hiver, le lac gèle complètement, attirant curieux et photographes. L’endroit reste un havre de paix pour la faune sauvage, loin de l’agitation touristique. Des projets de protection visent à préserver ce joyau fragile face à la pression pastorale et aux changements climatiques qui menacent son niveau d’eau.
Lac Ouiouane
Moins connu du grand public mais tout aussi charmant, ce lac situé dans le Moyen Atlas mérite amplement le détour pour son authenticité préservée. Niché à environ 1 650 mètres d’altitude, il s’étend sur une cinquantaine d’hectares au milieu d’une forêt mixte de cèdres et de chênes verts.

Le lac Ouiouane reste épargné par le tourisme de masse, ce qui en fait une destination privilégiée pour ceux qui cherchent la tranquillité absolue. Ses rives sauvages n’ont subi aucun aménagement touristique, permettant à la nature de régner en maître. On y croise plus souvent des bergers avec leurs troupeaux que d’autres visiteurs.
Les eaux peu profondes du lac se réchauffent davantage en été que celles des lacs d’altitude, permettant des baignades plus agréables. Les locaux viennent y pêcher la carpe et le barbeau. Autour du lac, plusieurs sentiers de randonnée permettent d’explorer la région et d’atteindre des points de vue panoramiques.
Le printemps transforme les environs en jardin fleuri, avec des iris sauvages, coquelicots et marguerites qui colorent les prairies. C’est aussi la saison où les oiseaux migrateurs font escale, offrant un spectacle ornithologique gratuit. L’accès se fait par des pistes depuis la ville de Khénifra, praticables en voiture normale en saison sèche.
Lac d’Iriki (région désertique)
Ce lac désertique situé dans la province de Zagora, aux portes du Sahara, contraste radicalement avec ses cousins montagnards. Classé parc national depuis 1994, il s’étend sur plus de 15 000 hectares quand il est en eau, ce qui en fait potentiellement le plus grand lac du Maroc.

Asséché une grande partie de l’année, transformé en immense cuvette craquelée bordée de dunes, il se remplit lors des rares pluies hivernales ou des crues de l’oued Drâa, créant alors un spectacle étonnant au milieu du désert. L’eau attire immédiatement une faune incroyable : flamants roses par milliers, pélicans, grues, canards qui profitent de cette oasis temporaire.
Le contraste entre le sable doré des dunes et le bleu du lac quand il est en eau offre des paysages surréalistes, presque lunaires. Les photographes et cinéastes apprécient particulièrement ce décor unique qui a servi de cadre à plusieurs films internationaux.
La région abrite également des gazelles dorcas et des fennecs qui s’adaptent aux conditions extrêmes du désert. Des excursions en 4×4 depuis Zagora ou M’hamid permettent d’accéder au lac, souvent combinées avec des nuitées en bivouac sous les étoiles. Le ciel nocturne d’Iriki, totalement exempt de pollution lumineuse, révèle la Voie lactée dans toute sa splendeur.
Note importante : Cette liste ne constitue pas un classement. Chaque lac possède ses caractéristiques uniques et le choix de votre prochaine destination reste totalement subjectif selon vos préférences personnelles : que vous recherchiez l’altitude, la facilité d’accès, les activités nautiques, l’isolement ou simplement un paysage qui vous parle. À chacun son lac idéal à explorer.


